Recherche

Publié le par UNEF et associations étudiantes

 

Merci à la Confédération des Jeunes Chercheurs pour son aide et pour le travail commun mené autour de ces propositions pour la recherche et les jeunes chercheurs.

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Recherche. Dans une société où la marchandisation est croissante et les inégalités grandissantes, une recherche de haut niveau et de qualité est plus que jamais nécessaire pour un développement humain partagé.

Défendre la recherche publique et les jeunes chercheurs

Malgré la dynamique du mouvement « Sauvons La Recherche », la recherche souffre toujours de nombreux maux : sous financement chronique, recherche fondamentale reléguée au second plan, programmation des emplois insuffisante, précarité… Le pacte pour la recherche adopté en mars 2005 risque d’amplifier cette logique régressive, en privilégiant le financement sur projet et en permettant la constitution de pôles d’excellence.

La crise de 2004 a mis en en lumière le profond malaise qui frappe plus particulièrement la jeunesse : absence de statut des doctorants, conditions de travail des jeunes chercheurs dégradées, 40% d’abandons en cours de thèses, avenir professionnel incertain, etc. Cette détérioration de la situation des jeunes chercheurs, illustrée notamment par un exode massif et un développement du travail non déclaré et illégal, est issue de causes multiples : incapacité à assumer le nombre croissant de chercheurs, absence de recrutements de chercheurs permanents...

Des mesures doivent être prises de façon urgente.

Enfin, à l’heure de la cassure entre L, M et D, l’adossement de l’enseignement supérieur à la recherche est plus que jamais nécessaire. Elle détermine la qualité pédagogique et le contenu des formations.

Les élus « UNEF et associations étudiantes » portent donc  des revendications nécessaires à la sauvegarde de la recherche et à l’amélioration de la situation des jeunes chercheurs ainsi que des propositions de réformes pour mettre la recherche au cœur de l’enseignement supérieur et l’université au cœur du dispositif de recherche.

 

1) Renforcer le lien entre enseignement supérieur et recherche

 

La recherche est indissociable de l’enseignement supérieur : la qualité de l’enseignement est déterminé par son adossement et la prise en compte des savoirs récents délivrés par les enseignants chercheurs.

• Refuser la concentration des moyens humains et financiers sur quelques « pôles d’excellence » ou sur quelques « thèmes stratégiques » qui fragilise ce lien entre enseignement et recherche et remet en cause certaines disciplines dites “non rentables” (SHS).

• Promouvoir un adossement de l’ensemble des formations à la recherche, y compris la Licence , en répartissant équitablement les cours de Licences, masters et doctorats entre professeurs et maîtres de conférences, pour garantir l’intervention de professeurs dès la licence et permettre aux maîtres de conférences de faire de la recherche.

 
2) Initier à la recherche et améliorer l’aide à l’orientation

Il est important de faciliter l’orientation et d’éclairer les candidats sur la recherche suffisamment en amont (master) afin de pallier au manque d’attractivité de certaines disciplines scientifiques et d’offrir des débouchés.

• Permettre l’accès au doctorat pour les titulaires d’un master professionnel après le suivi de modules de mise à niveau.

• Les écoles doctorales doivent pouvoir présenter au cours du master le fonctionnement, les débouchés et les conditions de travail d’un doctorant.

• Des modules d’initiation et de méthodologie de la recherche et du travail individuel ainsi que des bilans de compétences réalisés en lien avec les SCUIO doivent être proposés aux étudiants tout au long du master.

• Rendre transparents les critères de distribution des allocations de recherche, de validation de projets de thèse ainsi que le recrutement des futurs doctorants.

• Rendre publics les projets de thèse afin de contrôler le nombre de doctorants par directeur et de donner de la visibilité aux axes de recherche de l’école doctorale.

• Garantir la propriété intellectuelle du docteur sur ses travaux de recherche ainsi que leur liberté de publication (droit d’auteur, lutte contre le plagiat…).

 

3) Gagner de nouveaux droits pour les doctorants

 

L’état des lieux accablant de la jeunesse dans la recherche n’est plus tolérable. Rappelons que près de 70000 doctorants (30000 en 1990) participent activement à la production de recherche française !

Une action en profondeur de résorption de la précarité et de reconnaissance du statut des doctorants est urgente.

• Création d’un statut du doctorant (passant par l’équivalent d’un contrat de travail liant le doctorant, le financeur et l’école doctorale) garantissant les droits des doctorants (droit à une allocation de recherches, conditions de travail, charte des thèses).

• Conférer une valeur contraignante à la charte des thèses (droits et obligations du doctorant) et remettre à jour  cette dernière suite à une évaluation de son application. Des mesures de protection du doctorant contre le harcèlement doivent y être intégrées.

• Inciter les écoles doctorales à rechercher des financements multiples (Etat, collectivités territoriales, entreprises…) pour tous les candidats à la préparation d’un doctorat ce qui permettrait à tous les doctorants d’accéder à une allocation de recherche universelle.

• Augmenter significativement le nombre et le montant des allocations de recherche de l’Etat.

• Permettre une réelle intégration matérielle des doctorants dans les laboratoires (postes informatiques, conditions de travail…)

• Mettre en place et formaliser une procédure de recours auprès du directeur de l’école doctorale en cas de rupture de thèse suite à des problèmes entre le doctorant et son directeur de thèse

• Empêcher un encadrement de thèses par des « personnalités extérieures » sans qualification

• Garantir l’égalité des droits entre doctorants français et étrangers afin de mettre fin à la précarité administrative et sociale dont peuvent souffrir ces derniers, et d’enrayer les dérives de certains laboratoires.

 

4) Offrir des débouchés professionnels aux jeunes chercheurs


Pour faire face aux difficultés d’insertion professionnelle (précarité, exode, problèmes de débouchés) des jeunes chercheurs, des mesures urgentes doivent être prises pour mieux préparer la poursuite de la carrière en amont et offrir plus de perspectives professionnelles aux docteurs.

• Permettre l’accès à des enseignements transversaux pendant le doctorat afin de préparer l’insertion professionnelle (cours de langues, connaissance de milieux professionnels, droit du travail…), sur la base du volontariat.

• Transformer les « libéralités » en contrat de travail afin de mettre fin au système d’exploitation illégale de nombreux jeunes chercheurs.

• A l’heure où les besoins de personnels dans les laboratoires et dans les universités sont criants, nous demandons une programmation pluriannuelle des créations de postes statuaires pour faire face aux besoins, accompagnée d’une augmentation des crédits de fonctionnement des laboratoires.

• Rendre effectives les « incitations » de reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives prévues par la loi recherche en permettant la reconnaissance du doctorat dans les grilles de salaire de la fonction publique et en rendant obligatoire cette reconnaissance lors de la remise à plat des conventions collectives.

 

5) Permettre la représentation des jeunes chercheurs dans les conseils


Les doctorants et les jeunes chercheurs sont bien souvent exclus de la représentation démocratique dans l’enseignement supérieur et ont des difficultés à porter leurs revendications.

• Augmenter le nombre d’étudiants dans les Conseils Scientifiques.

• Réintégrer les étudiants de master 2 dans le collège étudiant du conseil scientifique et l’élargir aux étudiants de master 1.

• Afin que les doctorants, qui selon leur statut (uniquement en formation doctorale, Post doc ou ATER dans l’université) ne sont pas représentés dans le même conseil au sein des conseils décisionnels des EPST (CA, CEVU, CS, CNESER…), puissent faire avancer leurs revendications, il faut mettre en place un collège spécifique des chercheurs et enseignants chercheurs non permanents regroupant les doctorants et les docteurs en CDD (ATER, post-docs…).

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