Insertion professionnelle

Publié le par UNEF et associations étudiantes

Insertion professionnelle. La récente mobilisation contre le CPE a révélé une crise profonde : les jeunes sont en effet aujourd’hui les premières victimes du chômage et de la précarité. L’université n’est pas responsable du chômage, mais des mesures sont urgentes pour permettre une insertion professionnelle durable de tous les jeunes. Le gouvernement vient d’installer une commission, dite université/emploi, chargée de formuler des propositions pour sortir de la crise. Loin des effets d’annonce, ce sont de vraies réformes dont l’enseignement supérieur a besoin !

 

L’insertion professionnelle pour tous

 

La préparation à l’insertion professionnelle  s’impose

L’immense majorité des emplois de demain sera qualifiée : le niveau technique des pratiques professionnelles ne cesse de s’élever et les carrières professionnelles modernes imposent au salarié une mobilité qui suppose la  maîtrise de larges champs de compétences.

De plus, la massification qu’a connu l’enseignement supérieur ces dernières décennies a également considérablement diversifié l’avenir professionnel des étudiants, et les formations, comme les DUT ou les licences professionnelles sont toujours plus demandées par les étudiants .

Un système inégalitaire et producteur d’échec

 

Aujourd’hui, un fort contraste existe. D’un côté, des filières générales non sélectives, très peu professionnalisées, au taux d’encadrement nettement insuffisant et marquées par un échec massif. De l’autre des grandes écoles ou des formations professionnalisantes sélectives, bénéficiant d’un (relatif) bon encadrement et assurant souvent une insertion professionnelle de qualité.

La professionnalisation telle qu’elle existe aujourd’hui n’est pas satisfaisante : réservée à une minorité, elle est trop souvent soumise aux besoins à court terme des entreprises, tandis que la majorité des étudiants n’est pas du tout préparée à l’insertion professionnelle.

Pour résoudre la crise : deux visions s’opposent

 

Les libéraux et le MEDEF développent une vision utilitariste en proposant que les formations préparent à un poste de travail précis et soient directement  calquées sur le besoin d’emploi. Ceci signifie que la formation ne protège plus le salarié par une qualification qui lui permette de changer de poste de travail et de métier, et que cette formation se périme vite.

Nous faisons valoir la logique des qualifications. Pour faire face aux évolutions contemporaines (mobilité accrue, augmentation permanente de la technicité des pratiques professionnelles …), l’université doit qualifier le plus grand nombre de jeunes, et leur donner une formation qui leur permette de s’adapter. 

Quelques pistes pour une professionnalisation durable

 

1) Faire l’université de tous les métiers, de toutes les formations et de tous les savoirs

 La massification de l’enseignement supérieur a diversifié considérablement l’avenir professionnel des étudiants : l’université doit donc permettre de préparer à tous les métiers. Il s’agit là d’une exigence démocratique. Si le service public d’enseignement supérieur ne prépare pas les étudiants à l’insertion professionnelle, c’est la reproduction sociale qui joue à plein et  laisse de côté ceux qui n’ont pas de parents au carnet d’adresses bien rempli.

• L’université, lieu de toutes les formations.
Les cursus telles que les formations paramédicales, les formations dépendant du ministère de la culture (architecture, musique), les formations sociales (assistante sociale, éducateur spécialisé…) ou encore agricoles doivent  progressivement être intégrées à l’université, pour permettre aux étudiants d’accéder aux bourses et aux logements étudiants, et pour garantir la reconnaissance de ces qualifications (par exemple pour les formations comme infirmière qui ne sont reconnues qu’à bac+2 alors que les étudiants font 3 ans d’études).

• Les équivalences entre les formations doivent être multipliées et la pluridisciplinarité doit être développée pour permettre des réorientations et un large champ d’insertion professionnelle à tous les étudiants.

 

• Le nombre de place en filières professionnelles doit être augmenté, et les bacheliers professionnels ou technologiques doivent avoir un accès privilégié aux BTS et IUT.


2) Professionnaliser toutes les filières

La formation professionnelle ne doit pas être réservée à certaines filières comme les IUT ou les licences professionnelles. Les pré-requis indispensables à l’insertion professionnelle doivent être enseignés dans toutes les filières de l’université.

• La professionnalisation doit être progressive, adaptée aux rythmes et aux choix de l’étudiant et commencer dès la 1ère année : tout étudiant doit bénéficier de modules d’informatique, de langues vivantes, de droit du travail, d’expression orale, de préparation aux entretiens d’embauche, à la rédaction de CV….

• La découverte des métiers : des modules de préparation au projet personnel et professionnel doivent être proposés aux étudiants dès avant la licence. Il s’agit ici de remédier aux graves problèmes d’orientation des étudiants, qui choisissent souvent leur filière par hasard et sans en connaître les débouchés professionnels.

• La charte des stages élaborée il y a peu n’est pas contraignante. C’est une véritable réglementation qu’il faut mettre en place : le stage doit être une période de formation à part entière avec une vraie intégration dans la maquette du diplôme.

3) Renforcer le cadre national des diplômes pour garantir la reconnaissance des qualifications


Les qualifications acquises à l’université sont aujourd’hui largement utilisées dans les entreprises mais elles ne sont pas reconnues à travers un statut et une rémunération à la hauteur. L’exemple des stagiaires issus, par exemple, d’écoles de commerce est significatif : pendant plusieurs mois, voire des années, ils sont sous statut précaire alors que leurs compétences sont utilisées par les employeurs. Pour permettre la reconnaissance des qualifications, il est pour nous urgent de renforcer la lisibilité des formations universitaires.

• Un cadrage national du LMD doit être mis en place. Celui-ci doit améliorer la lisibilité de l’offre de formation et l’égalité des droits, et doit permettre un degré de protection équivalent pour les diplômés d’un même niveau de formation.

• Une discussion doit être engagée avec les partenaires sociaux sur les conventions collectives. La référence à chaque niveau de diplôme doit être renforcée pour garantir la reconnaissance des qualifications et assurer une rémunération à la hauteur.

4) Protéger l’étudiant pour l’avenir

 

• Toutes les sorties doivent être qualifiantes. Ainsi, la licence doit être revue pour offrir une sortie qualifiante à ceux qui ne souhaitent pas continuer leurs études. La poursuite d’études doit toujours être possible, même après un diplôme professionnalisant (IUT, BTS, licences pro…)
• La transition avec le monde professionnel doit être améliorée et une allocation d’aide à la recherche du premier emploi doit être mise en place pendant 1 an après la sortie de l’enseignement supérieur pour protéger socialement le jeune.

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article