Démocratie et vie étudiante

Démocratie. Tout un chacun s’accorde aujourd’hui à diagnostiquer une crise démocratique d’ampleur dans notre pays : abstention importante, perte de légitimité des gouvernants, montée de l’extrême droite… Les résultats de la dernière élection présidentielle nous ont rappelé que la démocratie doit être sans cesse protégée, et qu’elle ne peut jamais être considérée comme un acquis.
Donner un nouveau souffle à la vie étudiante et à la démocratie
Nombreux sont ceux qui appellent les jeunes à se réconcilier avec la citoyenneté. Toutefois, la capacité d’engagement collectif des jeunes est intacte : les récentes mobilisations contre le CPE ont démontré notre forte aspiration à prendre en main notre avenir.
L’université est le seul service public qui soit dirigé par ses usagers et ses personnels, elle devrait donc être le cadre de cet engagement pour développer un véritable apprentissage de la citoyenneté. Pourtant, tout reste à faire. Il n’existe pas de politique globale de développement de la vie étudiante et l’organisation de la démocratie dans les établissements est très souvent marginalisée.
La vie étudiante est souvent considérée comme secondaire, alors qu’elle est indispensable à la réussite des étudiants. En effet l’échec universitaire s’explique en partie par l’isolement dont sont victimes les étudiants, et par la difficulté à s’intégrer dans les universités. Il s’agit ainsi de créer du lien social et de faire de l’université un lieu de vie et d’engagement. Le rôle de l’enseignement supérieur est aussi de développer l’autonomie des étudiants, leur esprit critique et leur sens citoyen. Les universités et les écoles devraient donc être des laboratoires de citoyenneté participative et d’engagement !
Des réformes urgentes sont à élaborer pour faire des universités de véritables lieux de sociabilité.
Des propositions concrètes ...
...pour la démocratie étudiante :
1) Faire des élections un enjeu majeur de la démocratie étudiante
Une loi doit réglementer l’organisation des élections et devra permettre d’augmenter la participation pour renforcer le poids des élus étudiants. Nous proposons :
A. De faire des élections un enjeu national
• En regroupant toutes les élections des Conseils Centraux des Universités sur une même période afin d’en faire un enjeu national. Les étudiants se prononceraient ainsi sur les enjeux locaux mais également nationaux de l’enseignement supérieur. Ainsi, sur une même ville, la tenue des élections de tous les conseils d’universités et d’écoles simultanément sur plusieurs jours permet une médiatisation et une lisibilité bien plus importante.
• La mise en place d’une campagne forte du ministère d’incitation à la participation.
B. De définir une norme pour l’organisation des élections
• Celle-ci devrait garantir l’organisation des élections sur deux jours minimum afin qu’un plus grand nombre d’étudiants puisse aller voter.
• Un nombre de bureaux de vote suffisant, calculé en fonction du nombre d’étudiants inscrits et réparti sur l’ensemble des sites.
• Le droit de faire campagne (interventions dans les amphithéâtres, diffusion de tracts…), y compris le jour du scrutin, et la mise à disposition de moyens (panneaux d’affichages par exemple).
• L’envoi obligatoire à domicile des professions de foi.
• La suppression des secteurs électoraux, dits « collèges », pondérant la voix des étudiants en fonction de leur filière. La règle « un étudiant = une voix » doit prévaloir, et des critères de représentativité doivent garantir la représentation équilibrée de toutes les composantes de l’Université.
• Le remboursement des frais de campagne.
2) Une meilleure prise en compte des élus étudiants
• La proportion d’élus étudiants dans les Conseils d’Administration, Conseils Scientifiques et Conseils d’UFR doit être augmentée pour tendre vers la parité (comme dans les CEVU).
• Les nouveaux élus doivent bénéficier de formations sur le fonctionnement des établissements (rôle des conseils, compréhension d’un budget, contractualisation, procédure d’habilitation…).
• Les documents des conseils doivent être envoyés aux élus au moins une semaine avant le conseil.
• Loin de la rétribution par des crédits ECTS de l’engagement étudiant, un statut de l’élu étudiant doit garantir aux étudiants des aménagements pédagogiques afin de concilier leurs études et leur mandat, notamment dans les formations à fort volume horaire (IUT, santé, écoles…).
• Des moyens doivent être accordés afin qu’ils puissent assurer leurs missions et rendre compte de leur mandat : subventions, journal des élus, locaux équipés….
• Les Vice-Présidences Etudiantes doivent être généralisées dans tous les établissements d’enseignement supérieur en leur attribuant les moyens nécessaires (téléphone, fax, Internet…). Les Vice-Présidents étudiants sont les représentants des étudiants, et ne peuvent donc être solidaires de la direction de l’université. Une charte nationale devra préciser ce rôle.
• De réels pouvoirs doivent être accordés aux élus étudiants en leur confiant notamment la gestion du FSDIE (Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Etudiantes), et celle des « Bureaux de
• Un droit d’initiative référendaire doit être donné aux étudiants. Une fois par an, la signature de 10% des étudiants permettra d’obtenir l’organisation d’un référendum consultatif sur une question choisie par les élus étudiants.
…et pour la vie étudiante :
L’université a pour mission de contribuer au développement de la culture. Les valeurs universalistes de l’université lui confèrent aussi le rôle de lutter contre les discriminations et de développer au quotidien le vivre ensemble. Ainsi, la vie étudiante est une priorité.
1) L’université pour et par les étudiants
• Créer dans les établissements qui en sont dépourvus des lieux de vie étudiante de type Maison de l’étudiant. Pour être moteurs de la vie étudiante dans les établissements, des moyens devront y être associés et la direction comme la gestion de ces MDE pourraient être assurées par les étudiants et notamment les élus. Le conseil de direction de
• L’intégration des étudiants dans la ville doit être améliorée et tous les acteurs de la vie étudiante (établissements, CROUS, collectivités territoriales) doivent se mettre autour de la table pour mutualiser et construire une politique de vie étudiante concertée, en matière d’accès à la culture et au sport, de transport, de soutien aux projets étudiants…La mutualisation des dispositifs est un gage de lisibilité et de cohérence pour les étudiants !
• Se donner les moyens d’une politique ambitieuse en faveur des étudiants handicapés : mise au norme des bâtiments, investissement dans les technologies d’accompagnement pédagogique...
2) Favoriser l’engagement associatif
• Instauration de chartes des associations garantissant des moyens aux associations étudiantes : subventions, aide logistique, locaux.
• Faire des Bureaux de
• Mettre en place des formations pour les responsables d’associations (trésorerie, élaboration d’un projet, démarches administratives…).